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Le saut… numérique

C’est une véritable révolution technologique qui est en train de se profiler sur les berges de Kribi, chef-lieu du département de l’Océan, région du Sud. Et qui va chambouler l’usage du numérique tant au plan national qu’au niveau africain. La cérémonie officielle d’hier d’embarquement du câble sous-marin dans le bateau-support, à destination de la ville de Fortaleza, au Brésil, augure des lendemains meilleurs pour les internautes. Elle marque, à n’en point douter, une étape décisive dans la réalisation du programme gouvernemental dans le volet numérique. Après l’embarquement des câbles et équipements sous-marins sur une distance de 6000 km, l’ambition du Cameroun de devenir un hub technologique en Afrique, est en train de prendre corps. Plusieurs étapes ont déjà été franchies depuis la mise en route de ce projet lancé en 2016, dont la réalisation a été confiée à la société Cameroon Telecommunications (Camtel). Cette entreprise a la lourde responsabilité de conduire à bon port la construction de cette infrastructure dont le coût est estimé à 280 milliards de F. Et qui bénéficie de l’expertise technique de la China Unicom, entreprise chinoise. Rien n’est laissé au hasard. Les négociations des autorisations de transit des eaux de la Guinée équatoriale, confiées à une autre entreprise chinoise, Huawei Marine Networks, sont une réussite. Les études de faisabilité, d’impact environnemental et de géotechnique ont été conduites, selon les règles de l’art. La fabrication des câbles et des équipements de relais répond aux normes internationales. Les tests de qualification de liaisons de transmission ont fait l’objet d’approbation par les experts en la matière. Il est loisible de relever que le projet de pose du câble sous-marin constitue une réponse du gouvernement à la forte demande des internautes et autres usagers de la Toile, en proie au déficit de la bande passante. Selon les statistiques de Camtel, la consommation de la bande passante a connu une forte croissance ces dernières années. Ce taux a atteint un pic de 140%, les trois dernières années. Et selon une étude de Jumia, rendue publique en mai 2017, le taux de pénétration Internet est passé de 11% à 21% entre 2011 et 2016 dans notre pays. C’est dire l’engouement des acteurs économiques (ménages, entreprises, Etat…) à consommer la bande passante. Du coup, le câble sous-marin entre le Cameroun et le Brésil d’une capacité à la mise en service de 32 téra-octets (To) et d’une capacité initiale de 1,4 To va offrir plusieurs possibilités. Le pays bénéficiera, sans nul doute, d’une grande marge de navigabilité Internet. Actuellement, le Cameroun utilise 60 gigabits. Ce qui est dérisoire. Après la pose du câble sous-marin Kribi-Fortaleza, la capacité du pays sera alors 400 fois plus rapide, en termes de navigabilité. C’est donc un véritable coup de fouet à l’économie numérique, aux développeurs de start-ups, opérateurs du secteur… Le Cameroun est également en train de tenir son pari de réaliser la première connexion entre l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest. De traduire dans les faits son rêve d’être un hub numérique en Afrique. Et surtout d’être parmi les pionniers, en reliant le continent à l’Amérique latine. Puisqu’il se positionne ainsi comme le deuxième pays africain, après l’Angola à réaliser un projet similaire avec le Brésil. Ce dispositif vient compléter la pose de la fibre optique sur le long du tracé du pipe-line, reliant le Cameroun au Tchad. Et surtout la réalisation de la fibre optique dans les grandes villes du pays. Ce maillage constitue un saut numérique de qualité dont les premières retombées ne sauraient tarder.

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