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« Le trafic sur la place portuaire de Kribi va crescendo »

Patrice Melom, directeur général du Port autonome de Kribi.

Le port autonome de Kribi est désormais fonctionnel, c’est un ouf de soulagement pour le directeur du port que vous êtes…

Ça a été une œuvre de longue haleine qui a duré d’ailleurs un certain temps, d’où d’ailleurs l’impatience des populations. Maintenant que nous arrivons au terme de ce processus, il y a lieu d’être satisfait. Aujourd’hui, le terminal entre en opération de manière continue. A partir de maintenant, ce sera une activité permanente 24h/24. En termes de perspectives immédiates, CMA-CGM prévoit déjà pour le mois de mars, une douzaine d’escales. Si on tient compte du fait qu’il n’est pas seul, d’autres lignes maritimes également qui s’intéressent au port de Kribi, je crois que très rapidement, il y aura énormément d’activités autour du port de Kribi. S’agissant du bateau qui a accosté il s’agit d’un navire de 300 m de long, d’une capacité de 8500 containers, ce qui est déjà énorme. C’est la première fois qu’un bateau de ce gabarit accoste au Cameroun. Pour le port de Kribi, il va déposer un peu plus de 500 containers et même nous nous sommes amusés à expérimenter des opérations d’export. 

Comment se fera la sortie des marchandises du port de Kribi ?

Je dois dire que le trafic sur la place portuaire de Kribi va crescendo. Nous avons fait goudronner l’axe qui part de Kribi au site du port dans les normes des routes actuelles au Cameroun et donc, c’est cette route qui va permettre d’évacuer les premiers trafics du port de Kribi. L’état de la route Kribi-Edéa pose en effet des problèmes, mais nous avons des assurances du ministère des Travaux Publics qui a indiqué que cette année des travaux de confortement seront faits sur cette route et je dois signaler qu’immédiatement, nous étudions la possibilité de transporter par exemple les containers qui sont transbordés sur Douala par mer. C’est-à-dire qu’il y aura une solution de cabotage entre Kribi et Edea et vice versa. De toutes les manières, la solution définitive entre le port de Kribi et Edéa va être une autoroute. Aujourd’hui, nous sommes en train d’achever à 80% le tronçon de l’autoroute entre Kribi et le site du port. Naturellement, le gouvernement est en train de réfléchir à rechercher des financements pour qu’on avance sur la construction de l’autoroute Kribi et Edéa et aller rejoindre l’autoroute qui viendrait de Yaoundé pour Douala. Voilà un peu ce qui est de la solution de la desserte autoroutière. Naturellement, les études sont en cours sur le chemin de fer entre Edéa-Kribi et le site du port.  Je pense que le trafic augmentant, la construction de ce chemin de fer va se mettre en place. 

En attendant quelles relations entretenez vous avec le port autonome de Douala ?

Nous avons de très bonnes relations avec le port de douala. Nous avons signé un accord de coopération qui nous permet d’échanger énormément. Nous avons envoyé des personnels en benchmarking au Pad. En ce moment, la pilotine qui va nous servir pendant les premiers mois de fonctionnement du port en attendant que nous ayons notre pilotione c’est le port Douala qui nous l’a prêté, donc nous collaborons énormément parce que ce sont des ports qui sont complémentaires. 

Et avec les autres acteurs qui interviennent au PAK notamment sur la partie continentale ?

Sur la partie continentale, nous sommes en train d’aménager à l’immédiat des superficies. Aujourd’hui, nous sommes pratiquement à 30 hectares qui vont être attribués prioritairement aux acteurs qui travaillaient déjà sur la place portuaire, notamment les manutentionnaires sur les terminaux qui ont besoin immédiatement de faire des magasins. Nous sommes en contact avec des investisseurs qui devraient sur une solution un peu plus globale d’aménagement autour de 500 hectares, nous n’excluons pas l’hypothèse de montage qui permet par exemple à l’investisseur de faire lui-même des terrassements et s’établir. C’est un peu ce qu’on a fait avec l’entreprise Atlantic Cocoa qui construit l’usine de transformation de cacao. C’est elle-même qui a aménagé ses espaces et aujourd’hui, elle est déjà en train de construire. Après cela, nous mettons en place un modèle financier qui permet de prendre en compte ces investissements. Nous sommes ouverts à tout genre d’investissements qui permet que la zone logistique industrielle soit mise en place. 

Combien d’entreprises sont déjà installées sur la place portuaire de Kribi ? 

Nous étudions en ce moment les dossiers de 150 à 200 entreprises qui nous ont saisis pour opérer sur la place portuaire. Celles qui sont installées, je viens de citer Atlantic Cocoa qui finit son industrie en août. Elle va commencer à opérer en septembre, et créer plus de 300 emplois. Il y a Biocam qui exporte de la biomasse à partir d’Hevecam. Pour les autres, nous sommes vraiment en train d’étudier et je dois vous dire que l’engouement est réel. Nous sommes même obligés de faire des arbitrages. 

Où en est-on avec les travaux d’extension du port ?

Les travaux d’extension ont démarré, ils consistent à construire 700 m linaire de quai supplémentaire en prolongement de ce qui existe en ce moment. Ce que nous avons déjà construit représente 1/10e de ce qui est prévu. On va refaire presque la même chose. Dans trois, quatre ans, on aura un linéaire de quai de 1300 m, ça nous permettra de commencer à parler avec les ports d‘une certaine envergure parce qu’il faut reconnaitre qu’aujourd’hui, nous sommes encore assez réduit. Les estimations montrent que dans trois ans ce que nous avons là va être saturé, c’est pour cela que dès maintenant, il est important de lancer les extensions. 

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