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Edito

L’eau, c’est… l’envie

Le Cameroun n’a pas a priori de problèmes d’eau, comme certains pays sahéliens. Les fleuves et rivières du pays ont d’ailleurs prêté leurs noms aux chefs-lieux de départements : le Mfoundi, le Haut-Nyong, le Wouri, le Mayo-Louti, la Vina…pour ne citer que ceux-là. L’état des lieux des ressources en eau indique que le Cameroun est doté de quatre grands bassins hydrographiques : Atlantique (avec notamment le grand fleuve Sanaga), Congo (avec la Kadeï et la Ngoko), Niger (la Benoué, le Faro, le Mayo-Déo…) et Tchad (le Logone, plusieurs Mayo). Le pays dispose de quatre groupes de lac : volcanique, tectonique, de cuvette (lac Tchad) et les lacs artificiels. Il compte trois régimes hydrographiques: équatorial avec deux crues, le régime tropical avec une crue et une période d’étiage et le régime mixte ou soudanien. Par ailleurs, le pays reçoit un supplément d’eau provenant de pays voisins (Mayo-Kebbi et Logone du Tchad). 

Au total, les ressources en eau du pays sont estimées à 285,5 milliards de mètres cubes (m3), pour une population de 23 millions d’habitants (selon une estimation du PNUD pour 2017). La quantité annuelle d’eau disponible par habitant et par an est estimée à
15 800 m3. Largement au-dessus des 1000 m qui constituent le seuil de stress hydrique, défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

La ressource en eau est donc abondante au niveau national. Mais, la problématique de l’accès à l’eau potable dans nos villes et campagnes n’est pas encore résolue. L’un des problèmes réside au niveau de la potabilisation de l’eau qui exige une importante mobilisation des ressources financières et techniques. L’autre difficulté est, sans nul doute, la crise de gouvernance observée ces dernières années dans le secteur de l’eau. La privatisation, qui avait été proposée comme la solution pour résoudre le problème a montré ses limites. La coordination des actions entre les principaux intervenants du secteur n’a pas toujours été efficace et efficiente, malgré l’abondance de cette ressource. 

Selon la quatrième enquête menée auprès des ménages camerounais (ECAM4), conduite par l’Institut national de la Statistique (INS) en 2014, la proportion de la population camerounaise ayant accès à une eau potable est de 61%. En prenant les régions, on observe des disparités au niveau de cette donnée agrégée au plan national : les taux d’accès à l’eau potable sont particulièrement bas dans les régions du Nord, de l’Est et de l’Adamaoua (pourtant réputé « château d’eau du Cameroun »), avec respectivement 36,9%, 41,6% et 45,5%. En-deçà de la moyenne donc. Alors qu’ils sont nettement élevés dans les deux principales métropoles du pays : 95,9% à Douala et 80,2% à Yaoundé.

A présent, les regards sont tournés vers la Camwater nouvelle, désormais chargée de la distribution, du transport et de la production de l’eau potable au Cameroun. Dans les métropoles et villes secondaires du pays, les attentes sont fortes, en ce qui concerne la disponibilité du précieux liquide. Elles concernent aussi la baisse du prix du mètre cube d’eau ou encore la qualité des infrastructures, la couleur de l’eau sortant de tuyauteries vétustes étant sujette à caution.   

Les défis de Camwater sont nombreux, mais pas insurmontables, d’autant plus que les pouvoirs publics ont fait de l’accès à l’eau potable un enjeu majeur. A ce titre, la Camwater nouvelle doit tenir ce pari, puisque l’Etat lui donne des moyens conséquents.

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