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« Le sac de 50 kg de carottes coûte 8000 F »

Djoda, maraîcher à l’Extrême-Nord.

Qu’est-ce qui explique la forte production de la carotte cette année dans l’Extrême-Nord ?

Les cultures maraichères sont devenues une alternative sûre pour tous les agriculteurs de la région. Depuis cinq ans, on observe durant la période sèche, juste après les récoltes, des activités dans ce sens. Le Mayo-Tsanaga qui était jusque-là le plus grand bassin de production de la carotte est sur le point d’être décoiffé par le Diamaré qui exploite toutes les terres jouxtant les rivières. En effet, cette année, nous avons connu une très bonne saison avec en moyenne une centaine de sacs récoltés à l’hectare. Les producteurs ont recouru pour la plupart à l’usage de l’engrais organique. Les sols, pour certains, ont été également bien protégés des animaux de pâturage et ceux en divagation.    

Les coûts pratiqués sont-ils à la portée des ménages en cette haute saison ?

Depuis janvier, nous avons dix carottes à 100 F. Le sac de 50 kg revient à 8 000 F. En ce moment, les récoltes arrivent à leur terme. Cependant, on retrouve encore sur le marché sept fruits à 100 F. Dans les années antérieures, on avait à peine cinq carottes à 100 F. Là encore, elles étaient de petite taille. Les ménages ont été bien servis au point que pour la première fois, nous avons vu l’avènement des jus de carotte en vente dans certains de nos marchés hebdomadaires.   

Certains habitants de Maroua vous reprochent pourtant d’exporter une grande partie du produit au Tchad et au Nigeria…

Nous savons que lorsque nous produisons, nous devons d’abord penser à notre marché local. Cependant, toute cette bonne production de 2018 ne pouvait pas être écoulée seulement dans la région de l’Extrême-Nord. Des commerçants viennent de la partie méridionale du Cameroun pour nos fruits qu’ils trouvent sucrés et riches en fibres. Certains industriels au Nigeria viennent en effet acheter des quantités raisonnables à cause de la couleur unique de nos carottes recherchées dans certaines industries agroalimentaires. Des Tchadiens aussi l’achètent à prix raisonnable pour leur marché. Il n’y a rien de mal à ce qu’on fasse un peu de commerce avec nos voisins auprès desquels nous nous approvisionnons également en dattes et oranges par exemple.

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Commentaires

  • avatar
    3d ago

    Besoin du compte d'exploitation svp

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