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Réorganisation de Camwater : Les nouveaux défis

Désormais chargée de la production, du transport et de la distribution de l’eau potable au Cameroun,

C’est fait. Depuis mardi, 20 février dernier, à la faveur de deux décrets présidentiels, la Cameroon Water Utilities (Camwater) vogue sur de nouvelles eaux. Un des textes réorganise l’entreprise, l’autre en approuve les statuts. Forte de sa nouvelle identité de société à capital public (SCP) avec pour seul actionnaire l’Etat, de sa personnalité juridique et de son autonomie financière, la Camwater devra désormais assurer toutes les activités liées à la production, au transport et à la distribution de l’eau potable en milieu urbain et périurbain au Cameroun. Avec le terme du contrat liant la société Camerounaise des eaux (CDE) à l’Etat du Cameroun, cette mutation de la Camwater était dans les perspectives les plus évidentes. Les défis qui attendent l’entreprise revigorée sont d’autant plus nombreux que ses domaines d’intervention ont augmenté. Le pari de la disponibilité de l’eau dans les villes du Cameroun n’est pas des moindres.

Les villes du Cameroun ont soif. En 2016, certains chiffres parlaient d’environ 40% de Camerounais qui n’étaient pas connectés au réseau d’adduction en eau potable. Et même pour les abonnés, la distribution du précieux liquide est parfois tellement perturbée, qu’ils ont du mal à distinguer les périodes d’étiage des périodes d’abondance. En 2016, par exemple, la défunte Camerounaise des eaux déclarait un déficit de 100 000 m3 d’eau par jour dans la capitale, les besoins journaliers de Yaoundé étant estimés à 250 000 m3 pour plus de 400 000 abonnés actifs. A Douala et dans les autres grandes et moyennes villes du pays, la prestation n’est pas meilleure. Une situation d’autant plus préoccupante que la problématique de l’accès à l’eau potable figure en bonne place dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Pour trouver des solutions durables à cette préoccupation à la base et au bout de la chaîne de l’eau au Cameroun, les textes présidentiels du 20 février dernier attribuent toute la force juridique et opérationnelle à la Camwater, pour faire face à l’ensemble de ces défis.

Il sera forcément question de renforcer la capacité de production. A ce titre, les nombreux projets de construction, d’extension ou de rénovation des réseaux devront être menés à terme. Tout comme il faudra trouver, selon les termes de l’article 5 du décret portant réorganisation de l’entreprise, la ressource humaine adéquate pour accomplir la tâche. Mais au-delà, il sera impératif de maîtriser la poussée urbaine anarchique. Les habitations à fleur de collines, au fond des ravins ou pataugeant dans les marécages, noyant souvent les efforts dans ce domaine.

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