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Edito

Une question de souveraineté

Le chef de l’Etat, Paul Biya, l’a si bien rappelé lors de son adresse à la Nation le 31 décembre dernier : 2018 est une importante année électorale. Point n’est besoin d’un dessin pour se rendre à l’évidence que l’on y est de plain-pied. Et depuis la convocation du collège électoral pour les élections sénatoriales le 7 février dernier, les acteurs concernés sont déjà dans l’arène. L’effervescence est perceptible dans les états-majors des partis politiques intéressés par le scrutin du 25 mars prochain. Si certains partis sont non-partants pour ces élections, ce n’est pas parce qu’ils récusent la qualité des textes ou des lois devant régir ce scrutin. Loin s’en faut. C’est une question de moyens, de présence sur le terrain, d’implantation territoriale… 

Etant donné la spécificité des sénatoriales où le collège électoral n’est constitué que des conseillers municipaux, soit 9 666 électeurs disséminés à travers les 360 communes du pays. Comme dans toute élection, il faut aller au contact des électeurs pour les rallier à sa cause. Rien que les descentes sur le terrain pour convaincre ce collège électoral dans les 58 départements exigent des moyens logistiques. Ce n’est pas à partir de plateaux de télé, ni de studios de radios urbaines que l’on pourrait facilement convaincre un conseiller de Fotokol, celui de Ngoyla ou encore celui de Batibo… Il faut descendre sur le terrain, aller au contact des électeurs, des réalités locales pour séduire les votants. Il faut s’en donner les moyens. Un illustre compatriote l’a si bien compris lorsqu’il résume la politique en une phrase, désormais célèbre: « Politique, na Ndjangui ». Traduction : la politique, c’est du donnant-donnant. Les électeurs ont des attentes, des doléances qu’il faut satisfaire. Bien entendu, cela fait partie de la démocratie. 

Par ailleurs, certains pays africains ont tendance à recourir aux dons et financements de l’extérieur pour organiser les scrutins sur leurs territoires respectifs. C’est ainsi que l’appui ou le soutien de divers partenaires à la coopération sont sollicités pour tenir ces élections. En procédant ainsi, l’on est redevable d’une manière ou d’une autre vis-à-vis de ces donateurs qui ne font nullement dans la philanthropie. 

Malgré un contexte économique difficile et un environnement sécuritaire hostile (lequel occasionne des dépenses supplémentaires), le Cameroun a consenti les sacrifices qu’il faut pour tenir ces élections. En comptant sur ses ressources propres. Puisque l’organisation des sénatoriales a un coût, notamment la production des documents et matériels électoraux. D’une trentaine de milliards prévus au moment de la préparation du budget de l’Etat, l’on est passé à 50 milliards de F. Preuve de l’investissement consenti pour la tenue des scrutins en bonne et due forme.

Le président du Conseil électoral d’Elecam, Enow Abrams Egbe, relevait à mi-parcours, avec une satisfaction non dissimulée, qu’une bonne partie du matériel électoral est déjà acheminée dans les 58 départements du pays. Le processus électoral qui était en veille est activé. Les membres du Conseil électoral multiplient des descentes dans le pays profond, à l’effet de quadriller le terrain, pour sensibiliser les acteurs concernés. Tout cela appelle des dépenses programmées. Il est loisible de relever que le Cameroun fait de la tenue des sénatoriales, qui ouvrent ainsi le bal des scrutins de l’année en cours, une question de souveraineté, de fierté nationale. C’est pourquoi les pouvoirs publics ont dégagé les moyens nécessaires pour relever ce pari, ce challenge.  

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