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Apiculture : Les vertus du « Miel de Baboné »

Le produit est utilisé comme un atout pour lutter contre le chômage et faire connaître cette localit

A Baboné, groupement situé à 11 km de Bafang, dans le département du Haut-Nkam, la population expérimente depuis quelques années les bienfaits de l’apiculture. L’exemple venant d’en haut, Sa Majesté Théodore Tchualieu II Fansi, le chef supérieur Baboné a récolté une cinquantaine de litres dans les cinq ruches qu’il a installées il y a moins de deux ans. Il s’outille pour doubler le nombre de ses ruches et de ses récoltes. « On peut faire l’apiculture comme on cueille du vin de raphia en toute détente et avoir d’autres rentrées financières », fait observer le gardien de la tradition.

Environ une cinquantaine de familles exercent l’apiculture dans ce village. Leurs récoltes sont aussitôt achetées par Berlyne Djomaleu, la promotrice du « Miel de Baboné ». Le gain a de quoi ravir les producteurs. « J’achète le kg de miel non pressé à 5 000 F », précise-t-elle. Ce qu’elle achète aux autres apiculteurs complète sa récolte personnelle qu’elle transforme et commercialise à une clientèle de choix. La boîte de 500 g est vendue à 3 500 F et le litre à 7000 F. A Baboné, moins d’une vingtaine de kg de miel sont actuellement produits par an. Pourtant, les commandes s’élèvent à près de 50 kg. 

Le « Miel de Baboné » a une histoire. Présidente de « l’Association touristique route de l’Ouest », Berlyne Djomaleu songe aux cadeaux que l’africaine qu’elle est, peut offrir aux expatriés qui séjournent dans les cases traditionnelles d’hôtes de Baboné. En plus des atouts patrimoniaux locaux bien appréciés, elle songe au miel. « J’ai commencé à mettre sur pied quatre ruches. Les récoltes de miel que j’offrais étaient bien appréciées. Les demandes ont suivi. Je suis personnellement passée de 4 à 10 ruches. Actuellement, je possède 40 ruches. Je suis en train de travailler pour atteindre la barre de 150 ruches. Un spécialiste avec qui je suis en partenariat forme ceux qui le désirent afin qu’ils se lancent aussi dans l’apiculture ici à Baboné », précise Berlyne Djomaleu. Les deux variétés de miel locaux, respectivement appelés miel de la forêt et miel des eucalyptus sont bien prisés par sa clientèle. 

« J’ai aussi mis l’accent sur le produit final, de la récolte au conditionnement en passant par le traitement. » Idem pour la modernisation. « Avec les anciennes ruches de 12 barres, je récoltais environ une dizaine de litres dans chaque ruche par an. Avec les ruches de 25 barres que j’ai actuellement, j’ai en moyenne une soixantaine de litres dans chaque ruche par an. Et la saison où il y a beaucoup de floraison, la récolte est plus abondante », précise l’apicultrice. Son vœu est d’atteindre une moyenne de 40 Kg de miel récolté par ruche comme cela s’observe chez les bons producteurs occidentaux. En mettant progressivement sur pied la miellerie de Baboné, cette quadragénaire ambitionne de produire et commercialiser en plus du miel, ses produits dérivés.

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