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« 50 000 emplois directs à créer dans le numérique d’ici 2020 »

Désire Makan II, expert en stratégie de développement en Afrique.

Quelle est la contribution du numérique à la croissance économique de notre pays ? 

A l’heure actuelle, le taux de pénétration d’Internet dans la population camerounaise démontre que le Cameroun fait des pas de géants dans la consommation du numérique. Pour situer cette nette évolution, entre 2000 et 2016, le nombre d’utilisateurs de l’Internet mobile est passé d’environ 2000 à 5,01 millions d’utilisateurs, à la faveur de la 3G et de l’utilisation des smartphones. L’économie numérique est un véritable accélérateur de croissance, en plus d’être une niche d’emplois nouveaux pour notre jeunesse. Par ailleurs, l’économie numérique contribue à hauteur de 3,5 % du produit intérieur brut national. Et selon le plan stratégique «Cameroun numérique 2020» du gouvernement, tout est mis en œuvre pour que ce taux de pénétration d’Internet se rapproche de celui d’autres pays africains et contribue davantage à l’économie du pays à hauteur de 10% du PIB en 2020. 

Comment l’inventivité des jeunes dans le secteur du numérique peut-elle contribuer à l’éclosion d’un véritable entrepreneuriat numérique? 

Toute évolution génère de nouveaux besoins. Et cela vaut d’autant plus pour les technologies du numérique. Ces nouveaux besoins sont et seront la source du développement de nouveaux secteurs d’activités. L’e-commerce est le premier secteur d’activité du numérique par lequel peut émerger des idées créatives et des modèles économiques durables. Au Cameroun, il y a déjà des exemples qui démontrent une dynamique créative et entrepreneuriale. L’on peut citer notamment Kerawa.com de Nino Njopkou, site d’annonces avec plus d’un million d’utilisateurs depuis sa création, Himore Medical créé par Arthur Zang, qui fabrique des systèmes électroniques et informatiques autonomes à usage médical, et commercialise la tablette CardioPad, etc. Bien plus, la floraison des évènements d’entrepreneuriat comme le Pitch Hub Africa et l’Africa Now Forum, permet de recenser plusieurs projets dans le cadre du numérique et soulignent l’engouement, l’implication et la créativité de la jeunesse camerounaise pour tout ce qui a trait à ce nouveau domaine de l’économie. 

Quelles sont les perspectives d’emploi et d’auto-emploi qui existent autour du numérique ? 

Les perspectives d’emploi répondent pour l’instant à la stratégie mise en place par les pouvoirs publics, à travers le Plan stratégique de l’économie du numérique. Lequel vise à développer des emplois directs allant de 10 000 à 50 000 entre 2016 et 2020. Pour atteindre cet objectif, certaines actions sont déjà menées. Il s’agit entre autres des Journées nationales de l’économie numérique, de l’adoption de la loi du 14 décembre 2016 fixant le capital social minimum à 100 000 F au lieu de 1 000 000 F pour la création d’une SARL. Ces mesures constituent une avancée majeure dans la promotion des TPE et PME. Les perspectives d’emploi doivent également répondre à une volonté des groupements entrepreneuriaux et des acteurs économiques privés de créer des réseaux, afin de financer et d’agir en faveur du développement des projets des startups du numérique. 

Au regard de l’environnement économique actuel, quels sont les domaines du numérique (en particulier les projets) qui pourraient potentiellement générer une plus-value pour les promoteurs en particulier et le pays en général ? 

La téléphonie mobile et ses applications dans le numérique aura probablement un impact conséquent dans l’environnement économique du Cameroun. En réalité, les téléphones mobiles ont contribué à développer de nouveaux usages. Certains sont directement liés aux contacts téléphoniques ou à l’écosystème. Nous pouvons citer par exemple le succès du m-paiement (paiement par mobile), les usages liés au prêt communautaire (comme Djangui de Guilain Kenfack permettant de tenir des tontines en ligne). Dans l’agriculture, des exemples africains qui peuvent servir de modèle pour le Cameroun, comme les plateformes de négoce en ligne tel que «Esoko », mettent en relation des producteurs et commerçants via Internet et SMS dans près d’une dizaine de pays (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Côte d’Ivoire...). 

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