loader

Montage des dossiers d’appel d’offres : Par ici, le mode d’emploi

Pour améliorer leur accès à la commande publique, les PME locales doivent faire preuve de profession

Crépin Ndzana a postulé à cinq reprises pour la fourniture de consommables informatiques et de matériel de bureau dans les administrations publiques. Sans succès. Après avoir sollicité le concours d’un expert en marchés publics, il s’est rendu compte que c’est l’attestation pour soumission (APS) qui faisait problème. L’opérateur économique soumettait chaque fois un même document dans lequel aucun de ses trois employés n’était affilié à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). De tels scénarii sont légion dans l’environnement des marchés publics au Cameroun. Le Centre d’alphabétisation multifonctionnelle en Technologies de l’information et de la communication (CAMF.TIC), en partenariat avec l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), a récemment organisé un séminaire à Yaoundé pour rectifier le tir. 

La réflexion avait pour thème: « Comment répondre à un dossier d’appel d’offres et optimiser ses chances de succès ? » D’après les exposés, les PME camerounaises postulant à la commande publique sont généralement éliminées pour plusieurs raisons, notamment l’usage de fausses pièces et de fausses références. Les appels d’offres sont également mal rédigés parce que les opérateurs économiques ne sont pas suffisamment outillés sur le montage des dossiers financier, technique et administratif. Jean Merlin Kwenasse, expert de CAMF.TIC, révèle que sur 20 entreprises, 88% sont nouvelles dans les marchés publics et ne maîtrisent pas la chaîne. Environ 94% n’ont jamais eu à monter des dossiers d’appel d’offres. 75% d’entreprises ne comprennent pas le fonctionnement des marchés publics, 12% ont des connaissances relativement faibles. Bien plus, seulement 7% connaissent les différents types de marchés (par appel d’offres, de gré à gré, avec concours, les marchés spéciaux, etc.). 

« Les entreprises doivent avoir une maîtrise parfaite des textes qui régissent les marchés publics, respecter leurs obligations légales vis-à-vis de l’administration fiscale et de leurs employés. Ce qui leur permettra de trouver plus aisément des financements pour la réalisation des travaux dont elles seront déclarées adjudicataires. S’ils respectent ces principes, aucun marché ne leur échappera désormais », explique Yvette Bizele Kenfack Nzango, coordonnatrice de CAMF.TIC.

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire

Autres articles Ă  lire ...


Après les travaux préliminaires débutés e...


Le 30 octobre dernier à Yaoundé, les experts de la douane de l’Afrique centrale et de l’Ouest se sont séparés après deux jours d’échanges et de réflexions sur l’avenir de ce secteur névralgique, à l’aube de la création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). L’élaboration des premiers contours du plan stratégique triennal 2019-2022 en vue de faciliter les échanges en est la principale résolution. L’option de la mutualisation des forces, à travers entre autres, l’harmonisation des régimes douaniers et la nu...


La Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (CCIMA) tire la sonnette d’alarme. Le chiffre d’affaires des promoteurs des PME de la place est en baisse selon une récente étude réalisée en mars et avril derniers, disponible sur son site Internet. Sur un échantillon de 241 PME, 44,59% des chefs d’entreprises consultés dans le cadre de l’enquête baromètre 2018 reconnaissent une baisse de chiffre d’affaires en 2017.

L’enquête révèle en outre que les artisans ont été les plus affectés (65%) du fait des condition...