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« Nous sommes contents de ce qui est en train d’être fait »

Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale.

Le premier décaissement de la Banque mondiale dans le cadre du programme d’appui budgétaire a été effectué en décembre 2017, mais avant, vous avez listé les actions prioritaires à implémenter pour permettre au Cameroun d’y accéder. Quelle évaluation faites-vous de la mise en œuvre de ces actions ?

Toutes ces actions, allant de la réforme de la politique du manuel scolaire à la mise en place d’un mécanisme fiable pour le paiement des factures d’électricité ont été prises. Ceci vaut également pour le paiement des arriérés de l’Etat vis-à-vis d’Eneo, la révision du prix de stockage des marchandises au port de Douala, l’apurement des fonctionnaires fictifs, etc. Certaines des actions identifiées s’implémenteront sur une période de trois ans. Concernant les fonctionnaires fictifs, le résultat concret obtenu est le début d’une procédure d’arrêt des paiements aux fonctionnaires fantômes. Son impact sera relativement moindre sur le montant global de la masse salariale, mais il faut se rappeler que cette masse salariale n’est pas très élevée au Cameroun comparée au Gabon. Au Cameroun, ce n’est pas tellement la masse salariale qui fait problème, mais plutôt comment elle est dépensée. Les fonctionnaires ont de bas salaires, mais il existe toute une gamme de paiements prévus pour assister à des réunions, séminaires et des allocations de carburant qui ne sont pas la meilleure façon de rémunérer les fonctionnaires pour une administration efficace. Nous travaillons avec le gouvernement pour introduire le « paiement contre performance » dans les secteurs de la santé et de l’éducation ainsi que dans la passation de marchés pour organiser différemment la rémunération. Même s’il reste beaucoup d’autres actions à engager avec le gouvernement, nous sommes contents de ce qui est en train d’être fait. Nous allons commencer à travailler avec le gouvernement sur les actions à entreprendre avant le deuxième décaissement. Les discussions devraient débuter ce mois de février ou au mois de mars au plus tard. 

Qu’est-ce qui est attendu d’Eneo pour la deuxième phase de décaissement de l’appui de la Banque et quel rôle va jouer l’entreprise dans la réalisation du projet Nachtigal ?

La situation d’Eneo est cruciale pour le développement du projet Nachtigal. Les investisseurs ne s’engageront pas dans son financement s’ils trouvent un Eneo faible, malade. Il est important de renforcer la situation financière d’Eneo pour faire progresser le projet de barrage de Nachtigal. Pour cela, l’Etat doit payer ses arriérés à cette entreprise. Il faut également qu’Eneo revoie à la baisse ses pertes commerciales et techniques qui s’élèvent à 30%, ce qui n’est pas acceptable. Ainsi, dans la deuxième vague de l’appui budgétaire, nous mettrons l’accent sur la qualité des services qu’Eneo va fournir. 

Comment se profile l’année 2018 pour les finances camerounaises avec la remontée des cours du baril du pétrole et l’exécution du programme d’appui budgétaire ?

Nous attendons tous la prochaine mission du FMI pour voir comment le cours du baril de pétrole pourra influencer la situation budgétaire. Il est question de prendre en compte le cours du baril et le volume de production actuelle pour réaliser les prévisions. Quand le prix s’élève, l’activité devient profitable dans des gisements coûteux, mais il se peut que les sources tarissent.

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