loader

« L’usine de pied sera livrée dans deux ans »

Théodore Nsangou, directeur général d’Electricity Development Corporation (EDC).

Trois ans après la mise en service du barrage de Lom Pangar, quel bilan dressez-vous notamment par rapport au réseau interconnecté Sud ?

Depuis sa mise en service, Lom Pangar permet chaque année à la régularisation de la Sanaga d’apporter sur le système Songloulou et Edéa 170 MW de puissance garantie volume, soit 500 giga kwh. C’est énorme, parce que les premières retombées sont déjà palpables. Quant à l’économie de gasoil par Energy of Cameroon (ENEO) qui est l’exploitant, elle s’évalue entre 20 à 25 milliards de F. Après trois ans, des économies de gasoil de l’ordre de 75 milliards de F ont été générées. Ce qui permet à la société d’investir cet argent pour autre chose. Par ailleurs, la mise en service nous permet d’avoir une gestion de l’étiage apaisée.

Quel est l’apport de Lom Pangar dans la valorisation du potentiel de la Sanaga ?

Il faut savoir qu’à moyen et à long termes, le barrage de Lom Pangar valorise le potentiel de la Sanaga qui est estimé à
6000 MW. L’apport de Lom Pangar est estimé entre 2000 et 2500 MW. La réalisation de Lom Pangar est également déterminante pour d’autres projets, notamment le projet de Nachtigal. Nachtigal va consommer 50% de l’eau de Lom Pangar.
Quelle différence faites-vous entre le délestage et la coupure ?

Le délestage est programmé, dans la mesure où il est dû à un déficit de production. En pareille circonstance, l’on prévoit des plannings de coupure dans les quartiers pour résoudre le problème lié à la production. Certaines coupures peuvent être liées à d’autres maillons du système c’est-à-dire au transport ou à la distribution. Or, à l’heure actuelle, le réseau de transport est assez faible. C’est la raison pour laquelle la Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) a été créée. Elle est en train de s’attaquer à ce problème de transport, à savoir régler les soucis liés aux postes qui sont saturés, aux lignes électriques. Il y a tout un programme mis en place. En attendant, il y aura toujours des problèmes liés à la distribution d’énergie électrique. Il peut il y avoir des coupures, mais dès qu’ENEO aura renforcé le réseau de distribution, les coupures disparaîtront. Il n’y a plus de coupure liée à la production parce qu’il y a assez d’eau dans le réservoir. Depuis qu’on a effectué la mise en eau de Lom Pangar, la régularisation du barrage hydroélectrique de Songloulou est de 1000m³/S. Cela signifie que tous les groupes de Songloulou tournent 24h/24, parce qu’il y a de l’eau et les autres barrages sont remplis chaque année. Dès lors, les autres barrages fonctionnent sans problème. 

Le projet est en ce moment à la phase de construction de l’usine de pied. Quel est l’état d’avancement ?

Nous avons tous assisté à la pose de la première pierre de l’usine de pied le 17 juillet 2017 par le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, en visite officielle au Cameroun. Le gouvernement s’active à mettre tout en œuvre pour l’accélération du chantier de construction de l’usine de pied. Le problème de financement a été réglé. Nous allons accélérer les travaux avec un délai de livraison de 20 à 25 mois. L’ouvrage est très attendu par les populations de la région de l’Est, qui compte près de 150 villages. L’usine va permettre d’améliorer l’offre en éducation et répondre aux besoins en électricité croissants du pays. Toutefois, il y a encore certains réglages à faire, notamment la question liée à la pêche qui est un volet important. Conformément au mandat que nous avons reçu, EDC va gérer la ligne de transport. Certainement, ce sera la dernière fois, puisqu’on va travailler avec la SONATREL qui va prendre le relais.   

Qu’en est-il du volet social de Lom Pangar ?

Il y a des activités très importantes qui ont déjà été réalisées pour améliorer le quotidien et la qualité de vie des populations riveraines du barrage de Lom Pangar. Il s’agit entre autres de la construction des écoles, d’un centre de santé, l’aménagement des points d’eau, la mise en place d’un programme appelé programme phare de gestion sociale. Cette année, on mettra en place un programme appelé plan de développement. A cet effet, la Banque mondiale nous a octroyé un milliard de F pour la construction, l’équipement et la réhabilitation des hôpitaux de Belabo et de Bertoua.

 

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire