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Gestion de l’étiage : L’apport du barrage de Lom Pangar

Depuis sa mise en eau en 2015, les délestages sont rares. Eneo enregistre des économies de 24 millia

Où est passé le Comité de l’étiage qui se réunit généralement en cette période de saison sèche pour adresser le problème de délestages dans le Réseau interconnecté sud (RIS) ? « Cette instance n’a plus de raison d’être, depuis la mise en eau du barrage de Lom Pangar en septembre 2015 »,
fait savoir un responsable à Electricity Development Corporation. L’on sait que le Comité se réunissait pour décider du planning de délestages dans les villes de Douala et Yaoundé. A cause de la production déficitaire en énergie pendant l’étiage. Les délestages étaient programmés, parce que Songloulou et Edéa étaient en deçà de leur production normale. En temps ordinaire, le besoin de Songloulou, par exemple, était d’au moins 1000 m3/ seconde d’eau. Avant Lom Pangar, la Sanaga avait un débit de 640 m3/seconde d’eau pendant l’étiage. C’est ce qui explique la faiblesse de la production et la pratique des délestages. Aujourd’hui, Lom Pangar, à lui seul, apporte plus de 700 m3/seconde d’eau. Il porte ainsi le débit du fleuve Sanaga à 1040 m3/seconde d’eau. L’apport additionnel des barrages de la Mapé, Bamendjin et Mbakaou, qui disposent de 6 milliards de m3 d’eau, soit l’équivalent de Lom Pangar, renforce la capacité de production de Songloulou et Edéa. Ces deux unités de production enregistraient alors un déficit de l’ordre de 100 mégawatts pendant l’étiage. « Il y a maintenant trop d’eau pour la Sanaga », exulte-t-on à EDC. 

Mais pourquoi l’on continue d’enregistrer des coupures d’énergie dans les principales villes du RIS ? Et quel est l’apport de Lom Pangar à l’économie nationale trois ans après sa mise en eau ? Les responsables de EDC soutiennent qu’on ne parle plus de délestages, depuis que Lom Pangar est opérationnel. « Les délestages ont disparu, grâce à un apport additionnel de 170 MW à Songloulou et Edéa. Mais l’on enregistre des petites coupures de distribution de l’énergie », explique le responsable de la Communication d’EDC, Ibrahima Haman Tizi. Et notre source d’ajouter que grâce à Lom Pangar, l’entreprise Eneo fait des économies de l’ordre de 24 milliards de F en gasoil par an. Autres retombées : il est désormais possible pour l’entreprise Hydromine de construire un barrage de 1800 MW au niveau du Grand Eweng. La construction du barrage de Nachtigal au courant de cette année a aussi été rendue possible grâce à Lom Pangar. D’autres barrages sont également envisageables sur le long de la Sanaga.
Rappelons que la vocation de Lom Pangar est de réguler le débit d’eau de la Sanaga, mettre un terme à la fluctuation saisonnière du fleuve et augmenter la puissance des barrages existants. 

Et pourquoi les coupures d’énergie persistent-elles dans les villes de Yaoundé et Douala ?
« Ces coupures sont maintenant dues aux pannes, à la vétusté du réseau de transport et de distribution, aux accidents sur le réseau… Mais, il ne s’agit nullement de délestages », soutient Ibrahima Haman Tizi. Avant d’indiquer qu’Eneo vient également de décider du démantèlement ou de l’arrêt de la centrale thermique de Douala. Ce qui lui permettra de faire des économies supplémentaires. Tout comme certaines industries ont de moins en moins recours aux groupes électrogènes. « Lom Pangar joue son rôle et le Comité de l’étiage n’a plus rien à faire », se félicite-t-on à EDC.  

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