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Edito

Destination sécurisée et fréquentable…

Baptisée la plus belle des régions par de nombreux hommes de médias, l’Extrême-Nord est en train de retrouver ses repères, ses marques... Après trois années difficiles marquées par la peur et l’insécurité, entretenues par la secte Boko Haram. Des assurances données par les autorités administratives, ainsi que les forces de défense et de sécurité pour qui les moments difficiles relèvent désormais du passé. Cela n’est plus qu’un triste souvenir. Sur le terrain, les signaux sont effectivement au vert. La compagnie aérienne nationale dessert avec beaucoup de bonheur cette destination trois fois par semaine, en réalisant, à chacun de ses vols, quasiment le plein. A l’aller comme au retour. Les agences de voyage qui ont pignon sur rue n’ont jamais cessé de desservir cette région, désormais sécurisée et fréquentable pour les touristes. Le volume du trafic a presque doublé. Même s’il n’a pas encore retrouvé le rythme de 2013. En hôtellerie, par exemple, l’on est passé de 696 638 706 de F en 2016 à 857 733 236 F en 2017. A observer la circulation dans la ville et ses environs, de jour comme de nuit, on est loin de s’imaginer que Maroua a vécu des traumatismes, des moments de doute… 

Tout cela est de bon augure pour le secteur touristique qui reprend du poil de la bête. Les premiers touristes à revenir sont des Européens et Américains qui, sous le charme des paysages et de l’hospitalité légendaire des hommes de la contrée, n’ont jamais voulu bouder leur plaisir, en visitant l’Extrême-Nord. Une dizaine d’Allemands ont ouvert la saison touristique aux mois d’octobre et novembre 2017. Une vingtaine de Polonais leur ont emboîtés le pas. Des Canadiens ont effectué le tour des sites touristiques les plus captivants au mois de janvier. Tous ont la même satisfaction. Même si ce n’est pas encore la grande affluence dans les hôtels de la place, le taux de remplissage est de plus en plus intéressant et encourageant. Rien à voir avec la disette observée en 2016, 2015 ou 2014. La période des vaches maigres tire ainsi vers sa fin. Les restaurateurs et artisans qui proposent des articles divers aux touristes apprécient également ce frémissement d’un secteur qui fait vivre des milliers de personnes. 

Si le maintien du dispositif sécuritaire et le desserrement de la frontière entre le Cameroun et le Nigeria ont largement contribué à la reprise des activités touristiques, la véritable relance du tourisme revient aux Camerounais qui devraient maintenant se bouger, descendre dans les différents sites touristiques de la région. Et d’investir davantage dans le secteur. Il revient donc aux nationaux qui ont consenti beaucoup de sacrifices pendant la période difficile d’œuvrer pour le retour à la normale dans cette partie du pays, de visiter les parcs de Waza, de Kalamaloué, de Mozogo ou de se rendre à Rhumsiki, à Mindif, à la chefferie d’Oudjila, aux sultanats de Pouss, de Mora, de Kousseri, de Logone-Birni, de Goulfey… Ces sites regorgent de trésors à découvrir ou à redécouvrir. Il s’agit, en remettant l’Extrême-Nord sécurisée au cœur de notre tourisme, de contribuer au développement socio-économique en termes de création d’emploi, de revenus générés et de devises engorgés dans une région à fort potentiel économique. Et ce sera le meilleur témoignage, le meilleur message à adresser quant au fait que la sécurité est bien de retour à l’Extrême-Nord. 

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