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« Les activités touristiques ont véritablement repris »

Issa Mahamat, délégué régional du Tourisme et des Loisirs de l’Extrême-Nord.

Comment se porte le tourisme dans la région de l’Extrême-Nord actuellement ?

Cette région regorge des richesses touristiques diverses, inexploitées et un parc hôtelier non négligeable. Avant l’année 2013, l’Extrême-Nord était une grande destination touristique lorsqu’on parlait du tourisme au Cameroun. Elle était aussitôt citée grâce à ses parcs de Waza et de Kalamaloué, au campement de Rhumsiki, et j’en passe. Mais à partir de 2013 jusqu’en fin 2016, l’insécurité causée par la secte Boko Haram qui a semé une terreur on ne peut plus incommensurable, a beaucoup perturbé l’activité touristique. Grâce à son armée très redoutable et très professionnelle, l’Etat a mené une guerre sans merci à cette secte. C’est-à-dire, a permis de rétablir la sécurité et la paix dans l’ensemble de la région. 

Comment cela se traduit-il au niveau des recettes financières ?

A cause de cette situation, tous les secteurs d’activités économiques ont connu un ralentissement, voir un arrêt, comme c’est le cas du tourisme dont les conséquences ont été la non fréquentation des sites touristiques d’une part et d’autre part, l’insuffisance des touristes, qu’ils soient nationaux au étrangers. L’activité touristique au cours de cette période était totalement à l’arrêt. C’est pour cette raison que les promoteurs dudit secteur dans cette partie du pays ont traversé un moment très difficile qui a obligé certains à fermer les portes. Mais vers la fin de l’année 2016, nous avons constaté une nette amélioration de la situation à travers des statistiques qui nous parviennent des promoteurs d’hôtels. La réouverture de certaines structures ou d’autres en construction. Bref, les promoteurs peuvent mieux en témoigner. 

Donc, vous confirmez que les activités touristiques ont repris ?

Nous pouvons parler de reprise des activités touristiques dans notre région de vive voix, sans risque de nous tromper car nous avons reçu du 14 au 17 octobre 2017 un groupe de 11 touristes allemands puis du 28 novembre au 04 décembre 2017 un autre groupe de 17 Polonais qui ont sillonné les départements du Mayo-Danay, Mayo-Kani, Diamaré, Mayo-Tsanaga et Mayo-Sava. Au vu de leur satisfaction, ces derniers ont promis être nos ambassadeurs auprès de leurs compatriotes. Au courant de ce mois de janvier 2018, nous avons reçu deux Canadiens. D’ailleurs, d’autres arrivées sont annoncées au cours des mois de février et mars. Pour les nationaux, il est bien vrai que leur implication est timide, mais l’engouement renait par les promesses qui souffrent quelque peu d’hésitation. Mais, l’on doit comprendre que c’est d’abord nous camerounais qui devons animer notre pays. Si les touristes étrangers ont accepté de revenir à l’Extrême-nord malgré la déclaration des
« zones rouges », pourquoi pas les Camerounais ?

Cette reprise est certainement émaillée de quelques difficultés…

Les difficultés ne manquent pas. Elles sont surtout d’abord d’ordre financier, car les faibles recettes réduisent le pouvoir de bien gérer les structures, le paiement des taxes, des personnels ou l’entretien des bâtiments. Nous pensons que le retour des touristes suite à l’accalmie va réconforter les promoteurs du secteur et leur donner l’espoir de revoir le visage touristique de l’Extrême-Nord d’antan. Toutefois, au vu de ce qui se dessine à l’horizon, dans l’optique de relancer véritablement le tourisme dans notre région, nous pensons que des efforts supplémentaires doivent être faits par les pouvoirs publics et les populations en général.  

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