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« Notre riz sera disponible partout »

Marc Samatana, directeur général de la Société d’Expansion et de Modernisation du riz de Yagoua (SE

On observe depuis

quelques jours que la

Semry procède à la collecte

de riz paddy auprès des

producteurs. Quel est le

but cette opération ?

La collecte du paddy n’est pas

un fait nouveau à la SEMRY.

Un détour dans un passé ré-

cent nous permet de constater

qu’avant la crise économique

survenue au milieu des années

80, la société rachetait toute la

production rizicole, la transfor-
mait et commercialisait le riz

blanc. Quand survint la crise, ce

riz, du fait des effets du dum-
ping pratiqué en Asie du Sud-
est, n’a pu tenir la cote sur le

marché, parce qu’il n’était pas

assez subventionné. La Semry

était obligée d’abandonner le

volet industriel de ses activi-
tés. Cette fonction a dû être

transférée au producteur qui,

tant bien que mal, n’a trouvé

pour seuls débouchés que le

Nigéria et d’autres pays voisins

pour écouler le paddy. Dans la

foulée, les usines qui tournaient

pourtant à plein régime ont

été arrêtés. Pour mener une

croisade contre la crise alimen-
taire dont les effets se sont

ressentis en 2008 au Cameroun,

le chef de l’Etat a décidé de la

relance de la riziculture dans

la Vallée du Logone. L’opéra-
tion de collecte de paddy en

cours s’inscrit donc en droite

ligne du retour progressif de

la SEMRY à la mise en œuvre

de la fonction industrielle et

commerciale, qui elle-même,

vise à mettre à la disposition

des Camerounais le riz produit

sur le sol camerounais.

Quel intérêt les riziculteurs

ont-ils à mettre à la dis-
position de la Semry leur

production de riz paddy ?

D’une manière générale, la

transformation d’un produit

vise à conférer à ce dernier une

valeur ajoutée à tous les niveaux.

C’est cette plus-value qui va

également booster l’économie

et améliorer les conditions de

vie des populations. En ce qui

concerne la transformation et

la commercialisation, nous pou-
vons citer comme retombées la

création de nouvelles activités

et donc de nouveaux emplois.

Au moins 300 emplois directs

et des centaines d’emplois in-
directs seront créés. S’agissant

des riziculteurs, la collecte du

paddy par la Semry constitue

une belle opportunité de lutte

contre la pauvreté, dans la

mesure où les prix pratiqués

par la société sont incitatifs

et garantissent une certaine

stabilité, les met à l’abri des

spéculateurs nigérians qui dic-
taient leurs lois et leur permet

ainsi d’équilibrer leur compte

d’exploitation. Ce qui, par voie

de conséquence, les incitera à

produire plus, en vue de mieux

faire face à leurs besoins et

de s’acquitter aisément de la

redevance.

Quelles dispositions avez-
vous prises pour que le riz

de Yagoua soit disponible

sur les marchés du pays ?

Je voudrais signaler que le

riz Semry est disponible sur

certains marchés, même si

on doit admettre qu’il n’est

pas encore présent sur l’en-
semble du territoire. Les autres

consommateurs n’auront pas à

attendre longtemps. Actuelle-
ment, nous avons deux unités

de transformation moyennes

sous la main. D’ici à la fin de

l’année en cours, les deux grosses

usines seront probablement

installées, si le fabricant res-
pecte les clauses du contrat.

Entre-temps, la SEMRY s’attelle

à régler quelques préalables.

C’est le cas des travaux de ré-

novation des lignes électriques

devant alimenter ces usines,

le moment venu. Le marché

y relatif vient d’être attribué.

Dans quelques jours, l’entreprise

va procéder, entre autres, aux

remplacements des supports en

bois par ceux en métal. Autres

actions en cours, l’acquisition et

la construction des magasins de

stockage pour les produits finis

dans les principales métropoles

du pays et la mise sur pied des

cadres de collaboration avec les

gros distributeurs de riz pour

assurer une vaste couverture.

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