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2018-2025: Les clés de la relance économique

Diversification, transformation, conquête de nouveaux marchés, amélioration du climat des affaires… A l’aube du nouveau septennat, il est indispensable de stopper le ralentissement observé et redoubler d’ardeur pour atteindre les objectifs fixés dans la Vision 2035.

ETAT DES LIEUX

Sur les quatre dernières années, l’économie camerounaise a ralenti. L’évolution du taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) réel sur cette période, l’illustre parfaitement. De 5,9% en 2014, il est descendu à 5,7% en 2015, puis à 4,6% en 2016 avant de terminer à 3,5% l’année dernière. D’après les projections de l’Institut national de la statistique (INS), la courbe devrait repartir à la hausse cette année et atteindre 4%. Selon la vision économique du chef de l’Etat, Paul Biya, cette croissance devrait être relancée à l’aube du nouveau septennat. Dans un environnement, certes peu favorable aux activités économiques.

La crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, par exemple, a considérablement impacté l’activité économique, le secteur primaire essentiellement. Les filières cacao, banane et café, parmi les principaux produits d’exportation du pays sont touchées. Conscient du fait que la conjoncture a une influence sur la croissance économique, l’amélioration du climat des affaires s’avère donc prioritaire dans le chantier de la relance. Plus encore maintenant, avec la contre-performance (trois places perdues) réalisée par le pays dans le Doing Business 2019 de la Banque mondiale qui évalue la facilité à faire les affaires dans 190 économies du monde.

Une situation qui interpelle sur l’urgence d’accélérer la mise en oeuvre des réformes arrêtées (dans le cadre du dialogue secteur public- secteur privé) pour faire décoller l’investissement, clé de la croissance économique. De plus, le fait que la contribution des secteurs d’activités (primaire, secondaire et tertiaire) à la croissance du PIB réel ne reflète pas le potentiel dont regorge le pays en termes de ressources, suggère soit de nouvelles stratégies, soit des ajustements. Dans le primaire, le défi à relever est d’abord celui de la production en amont. Il faut produire plus. Maïs, riz, cacao, café, banane, coton, huile de palme, poisson, etc. La note salée des factures d’importation de produits alimentaires — en moyenne plus du tiers du déficit commercial et 4% du PIB depuis 2013 — atteste clairement de ce que l’offre nationale demeure insuffisante. Vient ensuite la transformation.

On est là dans le domaine de l’industrie, le secteur secondaire. Il est aujourd’hui celui qui tire la croissance vers le bas. Le maillon faible de l’économie nationale, en quelque sorte. La transformation locale des matières premières sur laquelle le gouvernement travaille déjà avec son programme de promotion des champions nationaux, doit être portée par de véritables industries qui, en plus de matière première, ont besoin d’une énergie disponible en quantité et en qualité. Il y a donc lieu de continuer à accroître l’offre énergétique du pays. La mise en route effective du Plan directeur d’industrialisation (PDI) avec l’énergie, l’agro-industrie et le numérique comme secteurs prioritaires, contribuera à développer le tissu industriel du pays. Les produits de ces industries permettront de mieux valoriser le « made in Cameroon ».

En d’autres termes, de tirer davantage la consommation finale des ménages, cette fois-là, plus orientée vers les produits locaux. Ce qui permettra de créer plus d’emplois pour satisfaire cette demande. Car, expliquent certains économistes, la consommation d’un produit importé concourt à la création d’emplois dans son pays d’origine. Ainsi, le secteur tertiaire, bien qu’il soit aujourd’hui le moteur de la croissance économique, pourra faire mieux en termes de contribution. Il reste pour l’heure, majoritairement porté par la branche commerce. Bien que diversifiée, l’économie camerounaise n’a pas encore suffisamment tiré profit de ses multiples avantages comparatifs. Chacun d’eux constituent en effet des niches de croissance, des leviers à actionner pour la relance économique.

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